La Gambie interdit toutes formes de jeux d’argent


La Gambie a pris en début de semaine une décision radicale, en interdisant tous les jeux d’argent et de hasard sur son territoire. Le gouvernement justifie son choix en indiquant qu’il est urgent de lutter contre les dérives de cette industrie dans le petit État d’Afrique de l’Ouest.

Les jeux d’argent bannis de la Gambie

Personne n’aurait imaginé un tel changement radical en Gambie, pays africain de 1,8 million d’habitants, qui vient de confirmer en début de semaine l’interdiction de toutes les formes de jeux d’argent et de jeux de hasard sur son territoire. Sont concernés par ce décret présidentiel toute forme de loterie, de jeux de grattage ainsi que les paris sportifs sur le territoire de cette nation donnant sur l’Atlantique et entourée au Nord, au Sud et à l’Est par le Sénégal.

Dans le communiqué annonçant l’interdiction, la présidence explique la nécessité de cette loi afin de préserver la population gambienne contre les dérives de l’industrie des jeux ces dernières années. Le pays, surtout la capitale Banjul, connaît en effet une augmentation à un rythme effréné du nombre de boutiques de paris sportifs et de complexes hôteliers abritant des casinos.

Un choix moral

Ces établissements conduiraient le peuple gambien à délaisser les valeurs de la société, « fondée sur l’épargne et l’honnêteté » selon la présidence, au profit de valeurs « négatives » comme l’avarice et l’avidité. Le gouvernement justifie par ailleurs le décret par l’interdiction explicite ou implicite des jeux de hasard et des jeux d’argent par le Christianisme et l’Islam, ce dernier étant la religion de plus de 95 % de la population.

Dernier argument avancé par le président : l’interdiction des jeux d’argent constitue une mesure importante pour empêcher la transformation de la jeunesse gambienne en une génération d’individus accros aux jeux de hasard. Le communiqué ne précise toutefois pas comment le gouvernement compte compenser les pertes financières engendrées par cette décision, sachant que les jeux de hasard représentent depuis quelques années l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie gambienne.

source: lefigaro