Jeux d’argent : les mathématiques contre l’addiction


D’après une étude réalisée par l’Insee en 2012, le quart des Français seraient accrocs aux jeux d’argent. Le phénomène serait tout aussi important en Italie, mais des chercheurs milanais prévoient d’ores et déjà d’endiguer l’addiction à l’aide des mathématiques.

Des gains improbables

Deux chercheurs de l’école polytechnique de Milan ont récemment annoncé le lancement d’un parcours de formation destiné à lutter contre l’addiction aux jeux. Le parcours repose sur la compréhension des prises de décisions et des probabilités. Il explique aux joueurs que les gains aux jeux d’argent sont improbables et que la possibilité de remporter une loterie ou un pari sont faibles. Les chercheurs affirment d’ailleurs que gagner au Super Loto s’apparenterait à trouver la seule balle rouge présente dans un conteneur rempli de 600 millions de balles. Pour eux, les joueurs seront moins enclins à jouer s’ils prennent conscience de la faible probabilité de gain et de l’iniquité des jeux. Sur ce dernier point, les chercheurs soulignent que plus une personne s’adonne aux jeux, plus elle réduit ses chances de gagner.

Les enseignants luttent contre la dépendance aux jeux

Le parcours de formation pour la lutte contre l’addiction aux jeux sera proposé aux enseignants de mathématiques. Une vingtaine de personnes chargée de former 400 élèves aurait déjà été initiée au programme. D’autres enseignants et quelques 2 000 élèves devraient également en bénéficier d’ici octobre. Nicola Parini, l’un des chercheurs, révèle que ce choix n’est pas anodin puisque l’addiction concerne toutes les tranches d’âge. Lui et son collègue ont choisi de proposer leur programme auprès des établissements d’enseignement afin d’anticiper le problème. Pour mener à bien leur projet, ils ont formé les enseignants plutôt que les élèves dans un souci d’organisation. Les enseignants ont en effet plus d’impact auprès des jeunes dont ils ont la responsabilité. Le projet prendra fin en septembre 2015 et son contenu sera publié sur une plateforme accessible à tous.

source : la tribune