Jeux d’argent en Suisse : une révolution se prépare


En préparation depuis quelques mois, le rapport portant sur les lois encadrant les jeux d’argent et les casinos en Suisse devrait être publié en mars prochain. A quoi les casinos et les joueurs suisses doivent-ils s’attendre ?

Priorité aux opérateurs suisses

L’Office fédéral de la justice suisse rendra son rapport d’observations sur la règlementation des jeux d’argent et des jeux de hasard dans la Confédération helvétique. Ce compte-rendu devrait notamment trancher sur la pertinence de la loi actuelle, qui interdit tous les paris sportifs en ligne et les sites de jeux de hasard made in Suisse, mais autorise les mises sur les sites étrangers. En se basant sur les informations qui ont filtré durant la rédaction du rapport, il semble fort probable que la justice suisse s’apprête à effectuer un changement de cap majeur. Si le projet de loi est adopté, les joueurs suisses devront alors jouer uniquement sur les sites et plateformes des opérateurs basés en Suisse ou titulaires d’une licence suisse, l’offre des opérateurs étrangers devant être interdite.

Un revirement avantageux, pour nombre d’observateurs

Les défenseurs d’un tel revirement avancent quelques arguments plus ou moins valables. Ce choix constitue, selon eux, un important coup de pouce aux établissements de jeu, dont les revenus baissent de 5 à 8 % par an depuis 4 ans. Cette décision serait également un bon début pour renforcer la lutte contre les matchs truqués, le blanchiment d’argent et l’addiction aux jeux d’argent. Les joueurs bénéficieront en contrepartie d’une offre légale plus fiable à bien des égards, les plateformes en ligne étant gérées par des établissements terrestres présents sur le territoire suisse. Avantage toujours, la légalisation des paris en ligne et la fiscalité avantageuse qui les accompagne – avec une taxe sur les gains presque inexistante – devrait attirer de gros joueurs étrangers, notamment de poker, qui cherchent à fuir une pression fiscale de plus en plus contraignante en Europe et ailleurs.

Source: Les Echos