Aide-info-jeu .fr : Contre la dépendance pour joueur compulsif


Aide Info Jeu

Aide-info-jeu.fr est un nouveau site d’aide à la dépendance aux jeux de hasard, paris sportifs, machines à sous, casinos, pokers, course turf.

Joueur excessif, problématique, compulsif ou pathologique sont autant d’expressions qui cherchent à en décrire une seule : la dépendance.

Cette dépendance affecte non seulement la personne qui en est accro, mais aussi tout son entourage. La recrudescence des sites de jeux en ligne est souvent blâmée même si ceux-ci ne forcent personne à les visiter. Heureusement, qu’il existe aussi des sites pour inverser la vapeur et le tout dernier arrivé dans cette catégorie se nomme Aide-info-jeu.fr.

À une époque ou les sites spécialisés dans les jeux d’argent et de paris en ligne poussent comme des champignons, suite à la promulgation de la loi concernant l’ouverture à la concurrence de ce marché, ceux et celles qui se battent pour inverser cette tendance ne baissent pas les bras.

C’est le cas du CRJE (le Centre nantais de Référence sur le Jeu Excessif) qui à lui profité pour lancer sa nouvelle plateforme nommée Aide-info-jeu.fr, qui aura pour but de dispenser des conseils gratuits concernant l’addiction aux jeux en lignes ainsi qu’aux solutions pour décrocher.

À noter que ce site est avant tout un espace d’information, mais aussi de partage, car elle présente aux visiteurs les différents aspects possibles d’un joueur dépendant, d’un type de jeu spécifique. La plateforme du CRJE comporte aussi un forum où les visiteurs pourront s’entretenir avec d’autres personnes dans le même cas qu’eux.

Les créateurs d’Aide-info-jeu.fr considèrent que leur plateforme est le lien d’écoute et de soutien qui pourra mettre en contact les joueurs compulsifs et les spécialistes de la dépendance.

3 réflexions au sujet de « Aide-info-jeu .fr : Contre la dépendance pour joueur compulsif »

  1. Jeux en ligne, jeu excessif, conflit d’intérêts

    L’Autorité de régulation des jeux en ligne ( Arjel) vient de délivrer ses premières licences pour les jeux d’argent en ligne : une étape importante dans la mise en place d’une Politique Des Jeux cohérente qui doit cependant éviter les conflits d’intérêts par exemple en ce qui concerne le jeu excessif

    L’Arjel vient d’attribuer ses premiers licences à une vingtaine d’opérateurs qui pourront exploiter les jeux d’argent sur Internet, dans un premier temps les paris sportifs et ensuite le poker. C’est l’aboutissement d’un long processus. La loi relative « à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent ligne » a été votée à L’Assemblée Nationale le 6 avril 2010. Cette date marquera l’histoire des jeux en France. Elle constitue une étape importante dans la mise en place d’une Politique Des Jeux cohérente, qui supprime les conflits d’intérêts. Certes, il y a eu des incidents de séance, des accusations politiciennes ( « les amis du Fouqet’s) et des joutes rhétoriques qui relèvent du pur jeu parlementaire. Mais l’essentiel n’est là. Députés et sénateurs ont beaucoup travaillé, comme en témoignent les milliers de pages des débats parlementaires. Les enjeux politiques, culturels et sociaux de cette légalisation ont été soulignés. C’est ce que l’histoire retiendra. Même s’il y a un important « dessous des cartes » dans ce dossier, c’est tout à l’honneur de la France – pays qui possède une histoire ludique riche et ancienne – d’avoir pris le temps d’organiser ces débats. La France n’est pas une république bananière. Il faut remonter à 1933 – instauration de la loterie nationale moderne – pour retrouver des échanges parlementaires aussi passionnés sur les jeux de hasard et d’argent. La question du jeu excessif, celle du jeu des mineurs et des personnes vulnérables, a été au centre de ces débats. Une nouvelle architecture souhaitée par les parlementaires – et notamment par les sénateurs – a été mise en place pour traiter ces problématiques. Elle booste le Comité Consultatif des Jeux (CCJ), lui adjoint un observatoire des jeux (ODJ), deux commissions spécialisées et coordonne son action avec l’Arjel, l’autorité de régulation dirigée par Jean François Vilotte. La représentation nationale a semble t il compris qu’une saine régulation doit s’appuyer sur la recherche et l’expertise, séparer les compétences, si elle ne veut pas être accusée d’être partisane ou sous la pression des opérateurs ou d’autres acteurs du champ . La légalisation des jeux d’argent sur Internet ne peut en effet que renforcer l’acuité des questions sociétales qu’entraîne l’économie du hasard , (conséquences sociales , santé publique…). Comme ces problématiques (et notamment la question du jeu «excessif ») ont largement été mises en avant pour justifier l’ouverture « maîtrisée » des jeux en ligne, il convient que les conséquences du gambling ne soient pas instrumentalisées. En aucune manière les opérateurs de jeux ne peuvent diligenter et financer des recherches sur l’impact de leur activité comme c’est le cas actuellement. La Française des Jeux vient d’annoncer le renouvellement du financement du centre du jeu excessif de Nantes (CRJE) à hauteur de 1,25 millions d’euros, qui avait déjà touché 3 millions d’euros ( de la FDJ et du PMU) lors de création en 2007 ! Dans le même temps elle finance une étude sur « l’évaluation du caractère addictogène des jeux en ligne» à l’hôpital Bichat. Cette recherche sera notamment réalisée en collaboration avec Robert Ladouceur, psychologue très controversé au Québec et au Canada pour ses « rapports» avec l’industrie des jeux. Ces relations jettent un doute sur la fiabilité des études qui vont être réalisées et entraîne un conflit d’intérêt intolérable. Visiblement la Française des jeux n’a pas compris que les choses sont en train de changer. Elle tente de contrôler entièrement l’information médiatique et « scientifique » sur l’impact de son activité avant que ne se mette en place l’observatoire des jeux. Sous l’autorité du Comite Consultatif des jeux , l’observatoire des jeux doit donc jouer un rôle central dans les recherches sur l’impact du gambling en ligne et en dur pour éviter de tels conflits. A l’heure ou certains questionnent le rôle ambigu joué par les experts dans d’autres dossiers (réchauffement climatique, grippe A H1N1, tabagisme passif…) il convient donc que l’observatoire des jeux possède les moyens de ses ambitions, afin de réaliser des mesures scientifiques et des recherches pluridisciplinaires indépendantes. Si l’Etat a le courage de jouer franc jeu dans ce dossier, il sera gagnant au bout du compte et évitera bien des critiques, contentieux et polémiques ultérieures.

    Jean-Pierre Martignoni, sociologue.

  2. Gambling France

    Jeux en ligne : trop de réglementation tue la réglementation
    ——

    Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue)

    Après les 21 propositions ( dont certaines antinomiques) du rapport Lamour/Filippetti et en attendant celui – le plus attendu – du Sénateur Trucy qui ne manquera d’en contenir un grand nombre, l’Arjel vient de publier pas moins de 65 « recommandations » à l’adresse du gouvernement pour qu’il modifie (améliore ?) la règlementation en matière de jeux en ligne. Ca commence à faire beaucoup ! D’autant que le lobby des jeux on line – l’AFJEL – n’a pas manqué dans son Livre Blanc d’en faire également.

    Certes nous avons souligné dans plusieurs contributions – la France n’étant pas une République bananière – que les débats, rapports sénatoriaux, parlementaires sont indispensables pour aboutir à un consensus en matière de politique des jeux et afin de démentir le sous-titre du I° opus de François Trucy ( l’Etat Croupier le parlement croupion ?). Mais il est nécessaire de rappeler une évidence. Dans le secteur du gambling comme dans d’autres secteurs – trop de réglementation peut tuer la réglementation et même tuer le secteur censé être règlementé.

    Le problème c’est que le consensus obtenu en 2010 ne provenait pas de recherches (scientifiques) ni même d’expertises (technocratiques) objectives mais était avant tout le fruit « d’arbitrages » subjectifs souvent politiques (aussi bien vis à vis de l’opposition, de l’opinion qu’au sein même de la Majorité) – véritables quadratures de cercle improbables. Le concept « d’ouverture maitrisée » illustre la symbolique sémantique de cette contradiction générique, tant il est vrai que la loi sur les jeux en ligne a pu apparaître légitimement, sous de nombreux aspects, comme une « fermeture maitrisée ». Cette ambivalence frisait l’antinomie, d’ou l’activisme actuel pour modifier la loi avant la clause de revoyure.

    La fiscalité – un mal français ? – constitue sans doute la principale pierre d’achoppement du dossier qui, dès le départ, a fragilisé artificiellement la loi sur les jeux en ligne. Nonobstant les nombreuses contraintes techniques ( onéreuses et compliquées pour les opérateurs ) et alors que personne ne savait si le gambling virtuel constituait un nouvel eldorado ludique, on a vu la représentation nationale rivaliser pour fiscaliser joyeusement ce nouveau secteur. La gauche prohibitionniste, dans une belle contradiction démagogique dont elle a le secret, faisant naturellement de la surenchère en la matière. Noble volonté de l’esprit public de ne pas déshabiller Christophe et Philippe ( respectivement Christophe Blanchard Dignac PDG de la FDJ et Philippe Germond PDG du PMU) au profit de Stéphane ( Courbit) ou de Nicolas (Béraud) tout en déjouant la rumeur complotiste anti Nicolas (Sarkozy) des « amis du Fouquet’s ? Réflexe ancestral d’un Etat Croupier soucieux avant tout de remplir les caisses de Bercy quoi qu’il arrive et en oubliant la corrélation du couplet croissance/fiscalité ? Les raisons de ce fiscalisme préventiste sont nombreuses et n’ont pas été avouées franchement, outre le fait qu’il est toujours facile de se donner bonne conscience en taxant un secteur de l’économie du vice considéré comme une vache à lait. Résultat des courses, à force de traire la vache par anticipation et avant même que celle ci n’ait prouvé ses qualités de bonne laitière, après un an d’exploitation des jeux en ligne, cette boulimie fiscale a fait long feu. Toutes les recommandations actuelles visent à revoir fortement à la baisse la fiscalité des jeux en ligne. Pléthoriques, loin d’être homogènes, ces propositions risquent d’entrainer de longs débats d’apothicaires, outre le fait que certains ne manqueront pas d’accuser le gouvernement d’avoir cédé au lobby des opérateurs.

    La situation en matière de TRJ (taux de retour aux joueurs) est du même tonneau. Sans même s’interroger une fois sur le fait qu’après tout, dans une économie libérale, il n’aurait pas été absurde d’imaginer, d’expérimenter une totale liberté en matière de TRJ qui aurait permis une véritable concurrence, le développement du secteur, une lutte efficace contre les sites illégaux…. un TRJ maximal parfaitement subjectif, correspondant à l’idéologie d’une économie dirigiste, a été imposé arbitrairement ( 85%). On a même vu à l’époque l’ex Ministre du Budget ( E. Woerth) – pas plus spécialiste du gambling et de l’addiction qu’il ne l’était du prix d’un hippodrome (sic) , instrumentaliser la question du jeu pathologie maladie pour justifier ce TRJ particulièrement pingre. A l’époque nous avons vivement condamné cette intrumentalisation, pourtant repris pro domo par les responsables du dossier, les médias et agences de presse , la doxa du jeu pathologie maladie et certains opérateurs dont la FDJ. Pour redistribuer le moins possible aux joueurs le consensus était unanime. Scandaleux. Seul le sénateur Trucy ( c’est tout a son honneur car par ailleurs il est un chaud partisan du jeu responsable et la protection des joueurs) a mis un bémol à cette causalité improbable imposée par le soldat Woerth = TRJ élevé égal forcément addiction et addiction élevée. Bercy dans le même temps, mettant son véto pour empêcher les contrats de recherches susceptibles d’informer les pouvoirs publics et l’Arjel sur cette question et sur d’autres.

    Nous n’avons pris que ces deux exemples mais il y en aurait de nombreux autres qui sont liés, par exemple la base sur laquelle doivent être imposés les jeux en ligne. Les décideurs et régulateurs semblent aujourd’hui découvrir que c’est naturellement le PBJ qu’il faut taxer et non le volume d’affaire ( les mises}. Certes gouverner c’est prévoir et on pourrait facilement accuser les pouvoirs publics et les différents acteurs en charge du dossier d’être de très mauvais prospectivistes, de ne pas savoir. Nous n’aurons pas la naïveté d’accuser le gouvernement et les acteurs du champ d’incompétence. Ils savaient. Les choix effectués proviennent des trop fameux arbitrages déjà cités et non d’ignorances, même si l’absence de recherches, la difficulté de mettre en place en place le CCJ et l’observatoire des jeux ( la curieuse tentative de déstabilisation de F. Trucy), le fait que cet Observatoire ressemble pour l’instant plus à une Commission dominée par la doxa du jeu pathologie maladie et des associations familiales, qu’à un Observatoire scientifique des jeux, ont sans doute contribué à aveugler les décideurs du champ, sur de nombreux aspects du dossier (TRJ, fiscalité… ». De la même manière nous n’aurons pas l’outrecuidance d’accuser l’Arjel qui ne fait qu’appliquer avec zèle une régulation décidée par ailleurs. Nous poserons simplement différentes questions qui nous paraissent fondamentales, à l’ensemble des protagonistes du secteur :

    ➢ L’industrie des jeux de hasard et d’argent est elle compatible avec la notion de jeu responsable, de lutte contre le jeu excessif ? En voulant courir deux ou trois lièvres à la fois, le gouvernement n’a t il pas joué un double jeu un peu hypocrite ( que la FDJ a poussé à l’extrème dans une belle duplicité, incitation au jeu accrue financement de la doxa du jeu pathologie maladie pour mieux la controler) qui l’oblige aujourd’hui à revoir sérieusement sa copie ?

    ➢ N’est il pas grand temps que les pouvoirs publics mettent sérieusement de la recherche et de l’expertise dans leur politique des jeux afin de que le CCJ puissent émettre des propositions au gouvernement basées sur des faits objectifs et non des arbitrages subjectifs. Cette rupture permettra en outre de lutter contre les différents lobbys ( doxa du jeu pathologie, association, opérateur privés… et publics Française des jeux en tête !) qui confondent leur propres intérêts à l’intérêt général et afin de mettre en œuvre une politique des jeux nationale cohérente, ambitieuse, qui n’ait pas peur de son ombre, mais sache bien entendu étudier toutes les conséquences ( positives et négatives) du gambling en ligne et en dur et celles de la socialisation ludique contemporaine, avant de prendre des décisions ?

    ➢ N’est il pas grand temps de réintroduire les millions joueurs – acteurs principaux qui financent entièrement cette industrie qui sans eux n’existerait pas – dans la Politique des jeux de la France. Ils connaissent mieux les jeux que la plupart des membres de la doxa du jeu pathologie maladie

    ➢ Le dernier questionnement est sans doute le plus important : est ce véritablement le rôle de l’Etat et à fortiori le rôle du régulateur (cf les propositions de l’Arjel) de vouloir réguler économiquement le marché des jeux dans une économie de marché, en jouant notamment sur la fiscalité, le TRJ… ? Est-ce le rôle de l’Etat et à fortiori celle du régulateur de rendre « plus attractifs les jeux en ligne », comme viennent de l’affirmer certains responsables, ou celui des opérateurs ? N’est-il pas urgent que l’Etat redéfinisse les rôles, missions et compétences de chacun des acteurs du gambling, pour clarifier un dossier qui se complexifie sans cesse.

    ——
    Avant d’aller plus loin tête baissée, nous pensons nécessaire que les protagonistes et décideurs du secteur s’interrogent à nouveau fondamentalement sur ces différents questionnements, ( déjà soulevées par les sociologues et les économistes dans certains colloques) (1) et publications (2) par exemple à travers des Etats Généraux des jeux en dur et en ligne. Car en l’absence de débats de fond la pléthore des propositions et recommandations pour amender la réglementation sur les jeux en ligne apparaitront in fine forcément comme des « injonctions contradictoires » inachevées, susceptibles de mécontenter tout le monde et de ne rien régler sur le long terme.

    © JP G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, 176. Septembre 2011

    (1) Martignoni, J.-P. (2010). » L’industrie des jeux de hasard et d’argent est-elle compatible avec les notions de jeu responsable et de développement durable? Intérêts, contradictions et enjeux. »(pp 226-232) Sophie Massin : l’ethique dans l’industrie du jeu : quels enjeux et quelle crédibilité ?(213-226)In C. Dunand, M. Rihs-Middel, & O. Simon (Eds.), Prévenir le jeu excessif dans une société addictive : D’une approche bio-pscho-sociale à la définition d’une politique de santé publique, Genève : Éditions Médecine & Hygiène., 2010
    (2) Martignoni, J-P (2011) , « De la révolution machines à sous à la politique jeu responsable en passant par la légalisation des jeux en ligne : une sociologie du gambling contemporain », Pouvoirs n° 139, Les jeux d’argent, 51-64, Editions du Seuil ( à paraître novembre 2011)

  3. Gambling France

    JEUX DE HASARD ET D’ARGENT : comprendre, prévenir, soigner

    Alors que l’Observatoire des drogues vient de publier une étude sur l’addiction au jeu qui pose problème sur de nombreux aspects ( scientifique, épistémologique, méthodologique…) et avant la clause de revoyure et les propositions du sénateur Trucy qui seront connues très prochainement et qui ne manqueront d’aborder la question du jeu responsable et ces différents objets ( taux de redistribution, information,prévention, fiscalité des jeux, recherche sur le jeu, conflit d’interets….) nous voudrions signaler un intéressant ouvrage sur ces problématiques.
    « Jeux de hasard, jeux d’argent : comprendre, prévenir, soigner » (Paris, L’Harmattan, Questions Contemporaines, septembre 2011, 133 pages, 13,5 euros)
    Très pertinent ce petit livre( issu d’un colloque organisé par l’association Le Pelican de Chambéry) n’hésite pas à réinterroger la notion de jeu excessif, à questionner la doxa du jeu pathologie maladie, à interpeller la Française des jeux et les opérateurs, tout en apportant des témoignages et des expériences utiles au débat.

    Jean-Pierre G. Martignon-Hutin ,sociologue, 180, septembre 2011

    Pour se procurer ce livre =
    Michel BOULANGER

Les commentaires sont fermés.